Vous possédez un immeuble locatif et vous vous demandez si installer des panneaux solaires est vraiment rentable ? Oui, ça l’est. Dans la majorité des cas en tout cas.
On a installé plus de 50 systèmes solaires sur des immeubles locatifs et des PPE en Suisse romande. On voit les chiffres réels de nos clients. On sait ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
Mais cette rentabilité n’est pas la même pour tous les immeubles.
Un retour sur investissement entre 8 et 12 ans
Un investissement net entre 20’000 et 35’000 francs après déduction des aides
Pour un immeuble de 8 à 12 appartements, vous aurez besoin d’une installation entre 20 et 30 kWc. Le coût brut se situe entre 40’000 et 60’000 francs.
Mais vous ne payez pas cette somme.
D’abord, Pronovo verse une rétribution unique qui couvre environ 30% des coûts. Pour une installation de 25 kWc, comptez environ 9’000 francs de subvention fédérale. Certains cantons et communes ajoutent leurs propres aides.
Ensuite, vous déduisez l’investissement de vos impôts. Selon votre taux d’imposition, cette déduction représente entre 17% et 34% du montant investi. On en parle en détail dans notre article sur les déductions fiscales pour les panneaux solaires.
Au final, votre investissement net tourne entre 20’000 et 35’000 francs. C’est ce montant réel que vous devez amortir.

Des économies annuelles entre 2’500 et 4’000 francs
Ces économies viennent de trois sources différentes.
Première source : la réduction des charges communes. L’électricité pour l’éclairage des parties communes, l’ascenseur, la ventilation. Si vous avez une pompe à chaleur, l’économie est encore plus importante.
Deuxième source : l’électricité vendue à vos locataires via une communauté d’autoconsommateurs. Vous leur vendez l’électricité solaire moins cher que le prix du réseau, mais plus cher que ce que le gestionnaire vous paierait pour la reprendre. Tout le monde y gagne.
Troisième source : la revente du surplus au réseau. Le tarif de rachat tourne autour de 0.10 francs par kWh selon les gestionnaires de réseau.
Sur une PPE de 16 appartements qu’on a équipée à Vufflens-la-Ville, la première année (2025) a généré 4’835 francs d’économies. L’installation a produit 26’590 kWh avec un taux d’autoconsommation de 35%. Le solaire a couvert 21% de la consommation électrique totale de l’immeuble. Et ça, sans batteries.
Les trois facteurs qui déterminent votre rentabilité
La puissance de votre installation
Plus l’installation est grande, meilleur est le retour sur investissement.
Pourquoi ? Parce que le coût par kWc diminue avec la puissance. Une installation de 20 kWc sera proportionnellement moins chère qu’une de 10 kWc. Les frais fixes (échafaudage, raccordement, démarches administratives) sont les mêmes, mais répartis sur plus de panneaux.
Donc si votre toiture le permet, ne sous-dimensionnez pas votre installation. Même si vous ne consommez pas tout aujourd’hui, vous pourrez ajouter des batteries ou des bornes de recharge plus tard. Ou simplement revendre le surplus.

Le taux d’autoconsommation de votre immeuble
C’est le facteur le plus important pour votre rentabilité.
L’électricité que vous consommez directement vaut environ 0.25 francs par kWh. L’électricité que vous revendez au réseau ne vaut que 0.10 francs par kWh. La différence est énorme.
Dans un immeuble avec plusieurs logements, le taux d’autoconsommation peut atteindre 60 à 80%. Pourquoi ? Parce que les habitants ont des habitudes différentes. Certains sont à la maison le matin, d’autres l’après-midi. Les uns font la lessive en journée, les autres le soir. Cette diversité augmente naturellement l’autoconsommation.
Sur nos installations en Suisse romande, on constate qu’un taux d’autoconsommation de 35% (comme à Vufflens-la-Ville) génère déjà près de 5’000 francs d’économies annuelles pour un immeuble de 16 appartements. Avec l’ajout de batteries et une optimisation de la consommation, ce taux peut être porté à 60-80%, augmentant significativement les économies.
La création d’une communauté d’autoconsommateurs
La communauté d’autoconsommateurs (CA) permet de répartir l’électricité solaire entre les locataires. Chaque locataire conserve son compteur et son contrat avec le gestionnaire de réseau. Mais l’électricité solaire produite sur le toit est facturée séparément.
C’est le système le plus simple à mettre en place pour les immeubles locatifs. Les coûts administratifs sont faibles. La facturation est automatisée. Le retour sur investissement est rapide.
Mais il existe plusieurs systèmes de mutualisation de l’énergie solaire. La communauté d’autoconsommateurs (CA) que je viens de décrire. Le regroupement pour la consommation propre (RCP), plus complexe administrativement. Ou encore la CA+, où c’est le gestionnaire de réseau qui facture directement.
Chaque système a ses avantages selon la configuration de votre immeuble et le profil de vos locataires. Une erreur courante qu’on observe chez les propriétaires est de ne pas choisir le bon système de facturation. Ça peut compliquer la gestion et réduire les bénéfices.
Si vous voulez comprendre en détail les différentes options, consultez notre guide sur les projets solaires en copropriété.
La rentabilité varie selon chaque configuration d’immeuble

Les panneaux solaires sont rentables sur un immeuble locatif. Le retour sur investissement se situe entre 8 et 12 ans selon les études de marché et nos propres installations. Mais chaque immeuble est différent. La surface de toiture disponible, l’orientation, le nombre de logements, le profil des locataires. Tous ces éléments influencent votre rentabilité finale.
Sur la base de nos 50 installations en immeubles locatifs et PPE, on a identifié quatre erreurs courantes à éviter.
Première erreur : choisir uniquement sur le critère du prix. Une installation mal dimensionnée ou mal réalisée vous coûtera plus cher sur 25 ans qu’une installation de qualité un peu plus chère au départ.
Deuxième erreur : négliger le choix du système de mutualisation. RCP, CA, CA+, chaque option a ses implications administratives et financières. Un mauvais choix complique tout.
Troisième erreur : ne pas anticiper l’ajout futur de batteries et bornes de recharge. Même si vous n’en avez pas besoin aujourd’hui, prévoir l’infrastructure dès le départ vous fera économiser beaucoup d’argent plus tard.
Quatrième erreur : oublier de coordonner l’installation avec d’autres travaux de rénovation. Si vous devez refaire votre toiture dans les prochaines années, installez les panneaux en même temps. Vous mutualiserez les coûts d’échafaudage et les autorisations.
Une étude personnalisée permet d’évaluer précisément le potentiel de votre bien et d’éviter ces erreurs qui peuvent compromettre votre rentabilité.


